LGV PACA Visuel de page interne

Plus qu'une ligne nouvelle,
un réseau ferroviaire performant.

-A +A

Les questions - réponses par mot-clé

1 - Pourquoi construire une ligne nouvelle en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

Ce projet répond à trois objectifs issus du Débat public de 2005 :

  • Faciliter les déplacements à l’intérieur de la région en proposant une alternative à la route et en complétant la seule voie ferrée existante du littoral, actuellement saturée,
  • Ouvrir la région Provence - Alpes - Côte d’Azur aux autres régions françaises en la reliant au réseau ferré à grande vitesse,
  • Constituer un maillon de l’arc méditerranéen Barcelone - Marseille – Gênes.

La saturation actuelle des transports en région PACA rend le projet indispensable. Il est de plus en plus difficile de se déplacer, notamment autour des grandes agglomérations : les temps de parcours se sont dégradés et cela pénalise la vie quotidienne des habitants et le développement économique régional. L’unique ligne ferroviaire ne peut plus répondre aux besoins croissants de transport des voyageurs et des marchandises. S’ajoutent à cette situation des exigences de développement durable : il est indispensable de réduire la pollution, la région PACA étant l’une des plus touchées en France par la pollution émise par les véhicules routiers.

Pour atteindre ces objectifs, il faut constituer un réseau ferroviaire performant et maillé, avec la réalisation d’une nouvelle infrastructure et des aménagements sur la ligne existante.

Ce réseau performant sera réalisé dès 2023 à la mise en service de la ligne à grande vitesse et des aménagements du réseau existant. Ce nouveau réseau permettra de réaliser un doublement des services du quotidien conformément aux objectifs de desserte fixés par le COPIL de janvier 2011, et tenant compte des demandes du COPIL du 22 décembre 2011. C’est à partir de ce réseau maillé, performant et opérationnel en 2023 que de nouveaux aménagements complémentaires du réseau existant seront réalisés pour permettre d’atteindre les objectifs de desserte envisagés à l’horizon 2040. Ces aménagements du réseau permettront ainsi au système ferroviaire d’être capable d’absorber les prévisions de trafic envisagées à cet horizon.

Voir aussi : le choix du scénario des « Métropoles du Sud »

2 - Pourquoi construire une ligne nouvelle plutôt que de faire passer les TGV sur la ligne existante, en la modernisant ?

La LGV PACA a pour objectif d’aboutir à un réseau maillé performant : l’amélioration du réseau existant fait partie intégrante de ce projet global. La ligne historique actuelle doit à elle seule supporter les trafics et le moindre incident perturbe l’ensemble du trafic régional et national. Accroître le volume total des trafics sur la ligne existante n’est pas envisageable compte tenu de son état de saturation et de leurs natures très différentes (trains régionaux, fret, TGV). Il faut donc pouvoir libérer de la capacité sur la ligne existante pour permettre un accroissement des circulations des TER et des trains de fret.

4 - Pourquoi le scénario « Métropoles du Sud » a-t-il été retenu, alors qu’il semble être le plus cher ?

Comme l’a montré le rapport d’Yves Cousquer, le scénario des Métropoles du Sud, avec un coût équivalent à celui du scénario « Côte d’Azur » s’avère plus performant en terme de desserte des grandes agglomérations de notre région et du nombre de personnes transportées, et répond ainsi à l’objectif de la construction d’un système ferroviaire global et performant.

En effet, si l’on compare le scénario des Métropoles du Sud (passage par les centres de Marseille, Toulon et Nice) au scénario« Côte d’Azur » (liaison plus directe vers Nice), le premier s’avère par définition plus performant quant à la desserte des centres-villes, et recueille ainsi chaque année 2 millions de passagers de plus que le second. La rentabilité de la ligne s’en trouve ainsi renforcée.

Par ailleurs, si on totalise les investissements à réaliser sur le réseau existant pour atteindre les objectifs de service décidés par la Région PACA et le Comité de Pilotage du projet, on aboutit  à un investissement de  7 milliards d’euros  quel que soit le scénario de  la ligne nouvelle.
Or, dans le scénario des Métropoles du Sud, une partie de ces investissements est déjà comprise dans le projet de ligne nouvelle. En effet,  la modernisation du nœud ferroviaire de Marseille, qui s’élève à 2 milliards d’euros et qui fait partie des 7 milliards d’euros d’investissements nécessaires au développement du réseau ferroviaire, est déjà comprise dans le scénario des Métropoles du Sud. Ainsi, le surcoût de 2 milliards du scénario Métropoles du Sud n’est qu’apparent puisqu’il comprend les 2 milliards d’euros du nœud ferroviaire de St-Charles indispensables.

Pour résumer, les investissements nécessités par les deux scénarios peuvent se schématiser ainsi (montants calculés aux conditions économiques de 2008) :

  • scénario Côte d’Azur : 8 Mds€ pour la ligne nouvelle + 7Mds€ pour le réseau classique. Total 15 Mds€.
  • scénario Métropoles du Sud : 10 Mds€ pour la ligne nouvelle (y compris les 2 Mds€ de St-Charles) + 5 milliards pour le réseau classique. Total 15 Mds€.

A l’horizon 2040, les investissements sont donc équivalents pour les deux scénarios. Mais à coût comparable, le scénario des Métropoles du Sud s’avère plus avantageux (meilleure rentabilité), ce qui explique le choix du gouvernement et le large consensus des élus régionaux en sa faveur.

8 - La ligne nouvelle sera-t-elle à grande vitesse partout ? Sur quelles portions le train roulera-t-il à grande vitesse ?

La concertation a fait émerger la nécessité d’adapter la vitesse aux contraintes des territoires, demande confirmée par le Comité de pilotage du 22 décembre 2011. Il a par exemple été acté que le passage dans le sillon permien se ferait par l’utilisation des emprises existantes. Les études d’approfondissement en cours recherchent ainsi les meilleures solutions possibles, entre respect des territoires traversés et performance des temps de parcours.

9 - La LGV PACA permettra-t-elle le transport de marchandises ?

RFF intègre dans ses études la réflexion sur le fret, notamment sur la section entre Nice et la frontière italienne. Sur cette portion, le surcoût lié à la prise en compte du fret pourrait être moindre que sur les autres sections en raison du franchissement principalement en tunnel et de pentes favorables ; la possibilité de faire circuler des trains de fret sur la ligne nouvelle est donc étudiée. 

Pour autant, le fret lourd en provenance de la péninsule ibérique ou de l’Italie n’a pas vocation à transiter par la région PACA mais à passer par la vallée du Rhône et les Alpes qui constituent les deux grands corridors européens de proximité. Par ailleurs, l’activité régionale est  très largement une activité de services sans grand site industriel nécessitant des embranchements ferroviaires dédiés au transport de marchandises.

Sur l’arc méditerranéen, du fret à forte valeur ajoutée pourra circuler sur la ligne nouvelle ainsi que davantage de trains de fret classique sur la ligne existante grâce aux sillons libérés par le projet.

15 - Connaît-on déjà la fréquence des dessertes de chaque ville ?

Des objectifs de desserte ont en effet déjà été établis, puisqu’ils conditionnent en grande partie les fonctionnalités de la LGV. Vous pourrez constater ci-dessous que ces objectifs mentionnent autant la desserte par la grande vitesse que les dessertes régionales. Le but du projet est bien d’aboutir à un système ferroviaire performant pour la région, bénéficiant autant aux déplacements à longue distance qu’aux déplacements de la vie quotidienne. Outre un accès performant à la grande vitesse, les zones denses bénéficieront ainsi de véritables « RER locaux » !

Dans le détail, voici les objectifs de desserte secteur par secteur (donnés à chaque fois pour l’heure de pointe) :

Dans les Bouches-du-Rhône :
8 TAGV (trains aptes à la grande vitesse) par heure entre Marseille et Nice (le trajet s’effectuant en une heure)
11 liaisons Aubagne-Marseille par heure (dont 2 Aix-centre-Aubagne et 2 Aubagne-Vitrolles-Aéroport sans changement) ;
10 liaisons Marseille-Vitrolles-Aéroport par heure
8 liaisons Marseille-Aix-centre par heure

Dans le secteur de Toulon :
5 TAGV par heure à Toulon
6 liaisons Aubagne-La Seyne par heure
9 liaisons La Seyne-La Pauline par heure
4 liaisons Toulon-Hyères par heure
5 liaisons Toulon-Carnoules par heure

Dans le secteur Est-Var
4 TAGV par heure à la gare nouvelle Est-Var (secteur Le Muy-LesArcs-Draguignan)
3 liaisons Est-Var – Toulon par heure
4 liaisons Est-Var – Nice par heure
(soit au total 11 trains à l’heure de pointe desservant à Est-Var).

Dans le secteur Ouest-Alpes-Maritimes
4 TAGV par heure à la gare nouvelle Ouest-Alpes-Maritimes (située entre Cannes et Grasse)
8 liaisons Cannes-Antibes-Nice par heure
4 liaisons Cannes-Grasse par heure

Dans le secteur de Nice
8 TAGV par heure à la gare nouvelle Nice-Aéroport
8 liaisons par heure entre Cannes et Monaco

41 - Quel effet ont les scénarios sur le temps de parcours Marseille-Nice ?

Les temps de parcours varient de 1h10 à 1h25, au lieu de 2h20 aujourd’hui (temps de parcours indicatifs, variant en fonction de nombre d’arrêts).

44 - Comment la ligne nouvelle améliorera-t-elle nos déplacements au quotidien ?

La LGV PACA, c’est avant tout plus de trains au quotidien pour faciliter les déplacements de tous les habitants. Le projet permettra en effet de tripler les trafics et d’améliorer la qualité et la fréquence des trains sur la ligne existante avec :

  • 2 trains par heure dans chaque sens en heure de pointe pour les zones d’habitations moins denses ;
  • 4 trains par heure dans chaque sens en heure de pointe pour les gares ou haltes en périphérie des grandes agglomérations ;
  • 8 trains par heure dans chaque sens en heure de pointe pour les gares urbaines et périurbaines les plus importantes.

L’utilisation combinée de la ligne nouvelle et de la ligne existante permettra également d’ajouter un train Intercités par heure en plus des trains à grande vitesse et de faciliter les déplacements à l’intérieur de la région.

Le projet prévoit ainsi par exemple :

  • 11 liaisons par heure en heure de pointe entre Aubagne et Marseille,
  • 8 trains par heure en heure de pointe entre Cannes, Antibes et Nice,
  • un trajet Marseille-Toulon en 20 mn environ,
  • un trajet Nice-Marseille en 1h environ.
52 - Comment ce projet pourra-t-il contribuer à reporter des voyageurs de la route vers le rail ?

Pour assurer un véritable report de la route vers le rail, il faut plus de trains et des temps de parcours plus courts.

En effet, les gens ne prendront le train que sous certaines conditions :

  • des trains fréquents, aux horaires adaptés aux besoins des habitants (pour les trajets domiciles / travail notamment) ;
  • des trains fiables, à l’heure ;
  • des temps de parcours attractifs et compétitifs par rapport à la voiture ;
  • une desserte fine et optimisée du territoire ;
  • des gares accessibles, reliées aux autres modes de transports (métro, tramway, vélo, car, voiture) et avec suffisamment de parkings.

En permettant d’assurer la circulation de plus de trains, plus rapides et plus souvent, ce projet contribuera à créer une mobilité durable en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Par exemple, en 2009, 31.330 personnes se déplacent chaque jour entre Nice et Marseille, entre Nice et Paris et entre les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, dont seulement 5.700 en train, soit 18% du total. A l'horizon 2023, grâce à la réalisation du projet, qui permettra l'augmentation des fréquences des trains et de la diminution des temps de parcours, ce sera 11.700 personnes qui prendront chaque jour le train pour se déplacer en PACA. Et ce sera donc 6.000 personnes en moins sur les routes chaque jour.

59 - Le choix du tracé n'est-il basé que sur des éléments techniques et sur le gain de temps ?

Le choix d'un tracé se fera en prenant en considération un vaste ensemble de paramètres, parfois convergents, parfois contradictoires. Pour éclairer ses décisions, le Comité de Pilotage peut alors se doter de grilles d'analyse multicritères, qui permettent de comparer différentes options. Ce fut le cas pour le choix des 4 scénarios : une grille d'analyse, conforme aux objectifs du Grenelle de l’Environnement, a été validée par l’ensemble des partenaires cofinanceurs et a permis d'articuler 3 ensembles de critères : des objectifs transports, des objectifs environnementaux et d‘aménagement du territoire, des objectifs sociaux et économiques.

Par ailleurs, rappelons que le gain de temps est loin d'être le seul objectif du projet. De manière plus générale, le projet répond aux 3 objectifs issus du débat public de 2005 :

  • Ouvrir la région Provence - Alpes - Côte d’Azur aux autres régions françaises en la reliant au réseau ferré à grande vitesse.
  • Faciliter les déplacements à l’intérieur de la région en proposant une alternative à la route et en complétant la seule voie ferrée existante du littoral, actuellement saturée.
  • Constituer un maillon de l’arc méditerranéen Barcelone - Marseille - Gênes.
RFF